Détails de l'excursion dans les Gorges de Samarias

 

Fiche technique:
Balisage:   inutile, il suffit de suivre le lit de la rivière.
Longueur:  16 km
Dénivelé:   1227 m
Durée:       de 6 à 8h, selon le rythme choisi
Difficulté:    aucune, mais demande, bien sûr, une bonne condition physique et le pied sûr.
Equipement:   de bonnes chaussures, une bouteille d'eau, des provisions pour un petit pique-nique, et un maillot de bain pour une baignade bien méritée à la sortie des gorges, à la plage d'Agia Roumeli. Le parcours est plutôt ombragé sauf sur les deux derniers kilomètres après la sortie des gorges.
Quelques chiffres:     En moyenne 180 000 visiteurs par an et 900 000 € de recettes

Comment s'y rendre ?
Accès: L'entrèe des gorges, au lieu-dit "Xyloskalo" sur le plateau d'Omalos, est à 40km de La Canée (Chania ou Hania), une bonne heure en voiture.

Cette excursion, d'une journée pleine, comprend trois étapes:
1. la traversée des gorges et l'arrivée au petit port d'Agia Roumeli, qui n'offre d'autre liaison avec le reste de l'île que le bateau (horaires à vérifier selon la saison)
2. le transfert en bateau vers Chora Sfakion (durée: 1h30, coût 10€), Sougia ou Paléochora, et
3. le retour à votre case départ. De Paleochora ou Sougia, le dernier bus à destination de Chania est à 18:00 (sauf le dimanche), et de Chora Sfakion à 16:00. Tout ceci bien sûr varie selon la période de l'année. A consulter les horaires avant le départ. Durée du trajet de retour vers Chania: environ 1h30.


Pour se rendre au point de départ de la randonnée (Xyloskalo - Omalos), plusieurs choix s'offrent à vous:
· la voiture. Ce qui implique votre retour le lendemain pour la récupérer...
· le bus. (le premier bus part de Chania à 6:15)
· le taxi (environ 40-50€ à partir de Chania. A convenir avant le départ)

Pour le retour, de Chora Sfakion, Sougia ou Paléochora, la meilleure solution est de prendre le bus. Etant donné la "foule" des randonneurs, il vaut mieux ne pas trop compter sur les taxis pour le retour. En tout cas, si vous n'êtes pas pressé, vous pouvez passer une nuit dans un de ces petits villages du sud, si agréables et accueillants (avec une préférence pour Loutro). Même en pleine saison, vous trouverez de quoi vous loger.
Enfin, il existe des excursions organisées (coût 32€, cliquez ici pour la descritpion) où vous serez pris intégralement en charge, avec transport A/R en bus climatisé et guide.

Les gorges de Samaria, du nom de Ossia (Santa) Maria, une petite chapelle dans le vieux village de Samaria abandonné en 1962, s'ouvrent aux randonneurs début mai et jusqu'à fin octobre. Une fermeture ponctuelle peut avoir lieu pendant cette saison en cas de fortes pluies, notamment. En hiver, les torrents d'eau rendent les gorges dangereuses et infranchissables.

La longueur exacte de la randonnée est de 16 km entre l'entrée de Xyloskalo (point de contrôle et guichet), et l'arrivée sur la mer du sud, au village de Agia Roumeli. La longueur exacte des gorges, proprement dites, est de 13 km. Les gorges de Samaria passent pour être les plus longues d'Europe, quoique celles du Verdon, dans les Alpes du sud, font un peu plus de 20km. Ce qui compte surtout, c'est la beauté du paysage et le plaisir que l'on prend durant 4h, pour les sportifs ou les plus pressés, ou 8h pour les amoureux de la nature et les plus lents.

Les gorges de Samaria sont localisées dans le parc national de Samaria, lui-même situé dans les Montagnes Blanches (Lefka Ori en grec), dans l'Ouest de l'île, et dont les sommets culminent à près de 2 500m. Ce site est classé et protégé depuis 1962.

Le Parc comprend le plateau d'Omalos et les gorges de Samaria. Cela veut dire que vous devez respecter certaines règles, comme l'interdiction de la baignade dans la rivière, du prélèvement de plantes ou fleurs, d'allumer du feu, de fumer, et bien sûr de bivouaquer.

Le prix d'entrée est 5€, mais gratuit pour les enfants de moins de 15 ans. Ce droit d'entrée sert à entretenir ce parc national et à assurer la sécurité des randonneurs, grâce à la présence de nombreux gardes de l'Office des Eaux et Forêts et de personnel médical. Des sources d'eau sur le chemin vous dispensent d'emporter trop d'eau avec vous. Une bouteille suffira pour se désaltérer entre deux points d'eau. Les gorges ouvrent au public à 6:00 et ferment à 15:00 pour éviter que des gens y séjournent la nuit. C'est la raison pour laquelle on vous demandera à la sortie votre billet d'entrée, billet qui est daté, afin que l'on puisse vérifier le nombre de personnes ayant pénétré dans le Parc et faire respecter l'interdiction d'y passer la nuit.

Quel est le meilleur moment de la journée pour traverser les gorges ?
Le problème avec la randonnée de Samaria c'est qu'elle est victime de son succès. Cette traversée est devenue incontournable pour tout visiteur sportif de l'île et à certaines périodes (juillet - août) il y a plus de 3000 visiteurs par jour ! Si vous avez la mauvaise chance de choisir un de ces jours, le plaisir pourrait être quelque peu gâché par la foule. Quelques conseils : Commencer à l'aube avant que les autres touristes ne débarquent par un ballet interminable de bus, ce qui vous donnera une longueur d' avance. Les premiers autobus arrivent autour de 7:30 et se succèdent jusqu'à 11:00 sans interruption. L'autre solution est de commencer la randonnée entre 12:00 et 14:00. Vous traverserez les gorges dans le silence ... des bruits d'une majestueuse nature, mais vous aurez probablement besoin de passer la nuit à Agia Roumeli si vous n'arrivez pas à embarquer dans le dernier bateau de 17h ou 18h, suivant la période, qui dessert Chora Sfakion, Sougia ou Paléochora.

Quel est la meilleure saison pour traverser les gorges ?
Sans doute, la meilleure période est le printemps: les températures sont très agréables et la végétation est d'une grande variété et en plein épanouissement.

La faune et la flore :
Le Parc National de Samaria abrite plus de 450 espèces de la flore et de la faune, dont environ 70 sont endémiques comme l'origan de Crète (Origanum dictamnus), l'ebène (ebenus cretica), le cyclamène crétois, gagea graecea, onosma erecta, orchis pauciflora, paeonia clusii et tant d'autres.
En ce qui concerne la faune, l'animal crétois par excellence est une belle variété de bouquetin sauvage, appelé par les crétois agrimi ou kri-kri (Capra aegagtus cretica) qui a tant inspiré les légendes et les chansons, étant associé à la nature sauvage mais accueillante des hautes montagnes et à la liberté. C'est dans ces montagnes que les crétois ont cherché à trouver refuge à chaque invasion ou révolte contre les occupants, mais aussi chaque fois que la vendetta l'imposait, il n'y a pas si longtemps encore ... Parmi les autes espèces on peut y apercevoir, en ayant beaucoup de chance, des blaireaux (arcalus), des belettes, des fouines ou des martes. Et dans le ciel quelques rapaces, tel un aigle royal à la tête dorée (aquila chrysaetos) ou un fier gypaète barbu (Gypaetus barbatus).

Itinéraire:
La randonnée commence à Xyloskalo, avec la descente dans les gorges de Samaria. La vue superbe embrasse un paysage d'une beauté exceptionnelle. Xyloskalo signifie "marches en bois" car le premier sentier construit par les montagnards était fait de rondins formants les marches. Aujourd'hui cette descente est presque luxueusement aménagée avec une rampe du côté du précipice. Ce qui n'empêche que vous devez avoir un pied sûr pour descendre sur 1 000m jusqu'au fond de la gorge supérieure, pendant deux kilomètres. Le parcours est parsemé de sources et de chapelles.
La première est celle de St Nicolas, blanche et au toit d'ardoise, nichée parmi les pins et les cyprès au milieu d'une clairière, visitée par des kris-kris familiarisés avec la nouvelle espèce, à savoir les touristes! La tradition veut que ces arbres soient les "descendants" de ceux utilisés pour les colonnes du palais de Knossos.

Ensuite le sentier se poursuit sur un terrain qui devient moins abrupt. On entend les bruits du torrent, l'eau aux reflets turquoise formant de bassins entourés de lauriers-roses. Un peu plus loin on arrive au vieux hameau de Samaria abandonné en 1962 et où les gardes des Eaux et Forêts ont établi une de leurs bases. On est déjà à la moitié du chemin. Des bâtiments restaurés, des mulets en cas d'urgence, une piste d'hélicoptère en cas de besoin, des mûriers, des figuiers, des kris-kris apprivoisés et l'ombre d'une source d'eau fraîche vous invitent à une pause. Ce village possède deux églises.
La plus intéressante est celle de Ossia (Santa) Maria, du nom d'une prostituée égyptienne qui se repentit après avoir vu apparaître une icône de la Vierge. On y voit quelques fresques datant de la renaissance byzantine. Comme indiqué ci-dessus, c'est le nom de Ossia Maria, qui, altéré, a donné son nom au village de Samaria. Après ce village le chemin devient sinueux, les gorges se retrécissent et on découvre des murailles rocheuses hautes de plus de 500 m, aux parois saillantes et éclatées et aux reflets rouille et brunâtres. Ce sont des portes naturelles, appelées "sidéroportès", ce qui signifie "portes de fer". La troisième a une largeur de 3m. Deux hommes les bras tendus en touchent les deux parois. Pendant des siècles les habitants de Samaria ont défié victorieusement les envahisseurs turcs, aidés de cette protection naturelle. Ce n'est qu'en 1867 que les Turcs, avec une armée de 4000 hommes réussirent à franchir ces portes et à brûler le village de Samaria, abandonné par ses habitants. Jacques Lacarière, dans le plus beau livre de voyages sur la Grèce, décrit, dans les années 50, la vie extremement difficile de ses habitants enclavés. Les gorges redeviennent un peu plus larges, on traverse plusieurs fois le lit de la rivière, on découvre une paisible vallée, des oliviers entourant des cyprès, des pins, des chaînes et des platanes.
Deux kilomètres avant d'arriver à la mer  à Agia Roumeli, vous passez le contrôle des billets et vous rencontrez deux petits magasins de souvenirs et de rafraîchissements. Enfin, vous arrivez, sûrement fatigués, au village d'Agia Roumeli, et impatients de vous rafraîchir dans la mer de Libye avec ses plages de galets blancs. Cette baignade sera une récompense royale et bien méritée. Le village, sans routes ni voitures, vous offre de nombreusx cafés, restaurants et hôtels qui essaient de survivre face à l'invasion de gros "tours operators" nordiques qui contrôlent toute la chaîne du tourisme de masse (avion, hotels, voitures, excursions etc). Si vous passez la nuit à Agia Roumeli, vous pourrez, tôt le matin, visiter la forteresse turque qui domine le site et offre une vue panoramique. Montée, environ 1h.

Il ne vous reste qu'à vous embarquer sur l'un des bateaux qui relie ce village avec Chora Sfakion ou Sougia et Paléochora, pour retrouver le réseau routier et bon retour!!